Une étiquette de thé se lit en deux temps : les mentions imposées sur le produit, comme la dénomination, le poids net et la date, puis les indications du vendeur, comme le jardin, le grade ou le label bio. Sur une boîte comme sur un sachet, les premières informent, les secondes orientent, sans jamais promettre un goût.
Les mentions obligatoires sur une étiquette de thé
Les mentions obligatoires sur un thé préemballé sont fixées par le règlement européen 1169/2011, dit INCO. Une étiquette imprimée en usine et une étiquette personnalisée d’artisan y sont soumises de la même façon, que le support soit un carton ou un papier adhésif. Son article 9 s’applique au thé comme aux autres denrées, avec quelques aménagements utiles.
- La dénomination : elle dit ce qu’est le produit, par exemple « thé noir de Chine » ou « thé vert aromatisé citron ».
- La liste des ingrédients : un thé pur peut s’en passer, car un produit à ingrédient unique en est dispensé quand son nom l’identifie clairement. Dès qu’un arôme, un fruit ou une fleur entre dans le mélange, elle réapparaît.
- Le poids net : en grammes, pour comparer les prix au kilo plutôt qu’à la boîte.
- La date de durabilité minimale : voir plus bas.
- Le nom et l’adresse du responsable : l’entreprise qui met le produit sur le marché européen, responsable de l’information donnée.
- Le numéro de lot : souvent précédé d’un « L », il permet de retrouver une production. Cette mention vient du code de la consommation.
- Les conditions de conservation : quand elles sont nécessaires, comme « à conserver au sec ».
Deux absences surprennent parfois. Le tableau nutritionnel n’est pas exigé : l’annexe V du règlement en dispense le thé et les infusions sans ingrédient ajouté autre que des arômes. Le pays d’origine n’est pas toujours obligatoire non plus : il l’est surtout si son absence risque d’induire en erreur, par exemple sur un emballage qui évoque une autre provenance.
Origine et jardin : ce que le nom d’un thé dit vraiment
L’origine imprimée sur un thé va du plus large au plus précis, et chaque niveau apporte une information de plus. « Thé noir » ne dit rien du lieu. « Thé de Chine » nomme un pays. « Yunnan » ou « Assam » désigne une région. Le nom d’un jardin, le domaine où le thé a poussé, signale un thé issu d’une seule plantation : c’est la mention qui se rapproche le plus d’un château dans le vin. Un mélange de plusieurs origines n’est pas mauvais pour autant, car beaucoup de grandes recettes reposent sur l’assemblage, mais il ne se lit pas de la même façon.
Un nom est protégé : depuis 2011, Darjeeling figure parmi les indications géographiques protégées de l’Union. Seul un thé produit en totalité dans la zone délimitée peut porter ce nom, et un mélange avec d’autres thés ne le peut pas. Pour les autres noms, l’étiquette repose sur la bonne foi du vendeur et sur les contrôles habituels. Les différences de goût entre les six familles de thé se lisent aussi dans ces noms de région : un Keemun est un thé noir, un Longjing un thé vert.
First flush, second flush : lire la saison de récolte
Le terme « flush » désigne une pousse du théier et sert surtout en Inde, au Darjeeling et en Assam, ainsi qu’au Népal. Les dates exactes varient d’une année à l’autre, mais le calendrier du Darjeeling suit ce rythme :
- First flush
- La première récolte de printemps, de mars à avril. Elle donne une tasse claire, fraîche et légère.
- Second flush
- La récolte de mai à juin, plus ronde, avec plus de corps et des notes fruitées.
- Monsoon flush
- La récolte de la mousson, en juillet et août, plus simple et souvent destinée aux mélanges ou aux sachets.
- Autumnal flush
- La récolte d’automne, en octobre et novembre, plus douce et plus boisée.
En Chine et au Japon, on parle plutôt de récolte de printemps ou de « première cueillette ». Une année de récolte imprimée sur le paquet aide à juger de la fraîcheur, surtout pour un thé vert.
OP, FOP, TGFOP : que signifient les grades du thé ?
Les grades du thé décrivent l’aspect de la feuille, sa taille et la présence de bourgeons, jamais son goût en tant que tel. Ces lettres servent en Inde, au Sri Lanka et au Népal, alors que le terme « orange pekoe » reste peu connu dans les pays de langue chinoise. Un même grade n’a donc pas de valeur universelle.
- OP (Orange Pekoe) : longues feuilles entières, sans bourgeons.
- FOP (Flowery Orange Pekoe) : longues feuilles avec quelques bourgeons.
- GFOP (Golden FOP) : davantage de bourgeons dorés.
- TGFOP (Tippy Golden FOP) : forte proportion de bourgeons, grade courant en Darjeeling et en Assam.
- FTGFOP et SFTGFOP : les sélections les plus fines de cette échelle.
- BOP (Broken Orange Pekoe) : feuilles brisées, très présentes en Assam et à Ceylan.
- Fannings et dust : petites particules, surtout employées en sachet.
Une feuille brisée n’est pas forcément un défaut : elle infuse plus vite et donne une tasse plus forte. Les fannings d’un grand thé peuvent même offrir plus de goût que les feuilles entières d’un thé ordinaire. Le grade aide à comparer deux thés d’une même origine, pas un Darjeeling et un Ceylan.
Arôme naturel, bio, mélange : les mentions à regarder de près
Les mentions de composition disent ce qui a été ajouté à la feuille, et leur lecture demande un peu d’attention. Un « thé parfumé » ou « aromatisé » doit afficher ses ingrédients. L’arôme naturel et l’arôme tout court n’ont pas la même définition, et la liste précise lequel est employé. L’ordre compte aussi : les ingrédients se suivent du plus important au moins important en poids, et un « thé à la pêche » contenant surtout du thé noir le montrera d’un coup d’œil.
Le logo bio relève d’une autre logique. Il concerne l’agriculture biologique, donc le mode de production, et s’accompagne du code de l’organisme de contrôle. Ce que certifie l’Eurofeuille et ce qu’elle laisse de côté mérite une lecture à part, car un thé bio n’est pas pour autant un grand thé. Les mots comme « premium » ou « sélection » relèvent, eux, du vocabulaire commercial.
DDM et date limite : combien de temps garder son thé ?
La date imprimée sur un thé est une date de durabilité minimale, ou DDM, pas une date limite de consommation. L’emballage indique « à consommer de préférence avant le » suivi d’un jour, ou « avant fin » suivi d’un mois ou d’une année. Passé cette date, le thé n’est pas présenté comme dangereux : il perd surtout ses arômes. Pour un produit qui se garde plus de 18 mois, l’année suffit.
La DDM ne dit rien de la date de récolte, et deux paquets portant la même date peuvent contenir des feuilles d’âges différents. Une mention de l’année de récolte, quand elle existe, reste plus parlante.
Sachet, ficelle, papier : la petite étiquette du thé en sachet
La petite étiquette de papier accrochée au sachet sert d’abord à le retirer de la tasse. Attachée par une ficelle, parfois avec une agrafe, elle porte le nom du produit et rappelle le temps d’infusion. Les informations obligatoires, elles, se trouvent sur la boîte ou le suremballage : ne les cherchez pas sur ce petit carré.
Créer une étiquette personnalisée pour un thé maison
Créer une étiquette personnalisée pour un thé offert à des proches ne demande aucune formalité : notez le nom du thé, la date de préparation et une ligne sur le temps d’infusion. Une tisane ou un mélange de menthe et de plantes se présente de la même manière.
Le support : papier, plastique et type d’adhésif
Le papier adhésif blanc reste le support le plus simple, car il accepte l’impression à la maison et tient bien sur une boîte. Un papier kraft donne un aspect plus naturel, un plastique blanc ou transparent résiste mieux à l’humidité d’une cuisine. Le choix de l’adhésif compte tout autant : un adhésif permanent convient à un paquet à usage unique, alors qu’un adhésif repositionnable se décolle d’un pot réutilisable à chaque nouveau thé. Collez toujours l’étiquette à l’extérieur, jamais au contact des feuilles.
Le modèle, le fichier et l’impression
Un modèle simple suffit pour une création soignée. Un outil graphique en ligne propose des formats à la bonne dimension : prenez la mesure de la boîte, choisissez une taille, puis ajoutez une image ou un logo, une police lisible et un fond clair. Une fois le fichier prêt, faites une impression test sur papier ordinaire pour juger du rendu avant de commander ou d’utiliser la planche d’étiquettes. Pour une série plus longue, un imprimeur établit un devis selon la quantité, le format et la finition, mate ou brillante.
Où acheter des étiquettes personnalisées pour le thé ?
Les étiquettes personnalisées s’achètent sous trois formes. Les planches de papier adhésif blanc, disponibles en papeterie, se prêtent à une petite quantité imprimée chez soi. Les imprimeurs en ligne proposent des étiquettes personnalisables, avec un devis automatique selon la taille et la finition. Un imprimeur local garde l’avantage du contact direct : une question de couleur ou de qualité de papier se règle avec une épreuve en main. Pour un nouveau produit à vendre, demandez un adhésif permanent adapté à votre emballage. Une étiquette collée à l’extérieur n’a pas besoin d’être de qualité alimentaire ; un sachet qui touche les feuilles doit l’être.
Quels matériaux pour l’étiquette d’un sachet maison ?
Pour créer des sachets maison, le plus simple reste une petite étiquette de papier blanc épais ou de carton, perforée et reliée au sachet par une ficelle de coton. Un papier naturel, non couché, donne un effet artisanal. Pour créer une pochette, un rond adhésif permanent ferme le pli et porte le nom du thé. Créer un nouveau mélange vous donnera vite besoin d’une nouvelle étiquette : gardez le même modèle et changez seulement la couleur, pour reconnaître vos recettes d’un coup d’œil.
Ce qui change quand le thé est vendu
Dès qu’un mélange maison est vendu, l’étiquette doit suivre les mêmes règles qu’un produit industriel : dénomination, ingrédients, poids net, DDM, lot, responsable. Le règlement fixe aussi une hauteur minimale de caractères, de 1,2 mm en général et de 0,9 mm sur les petits emballages. Le design vient ensuite : une étiquette personnalisée réussie laisse de la place à ces mentions avant le logo. Choisissez ici un adhésif permanent, pour que le support reste lisible et que le paquet ne perde pas ses informations en rayon.




