Le rooibos est une plante originaire d’Afrique du Sud, Aspalathus linearis, dont les tiges et les feuilles en aiguilles donnent une boisson rouge ambré, douce, sans théine ni caféine. Il n’a aucun lien botanique avec le théier : c’est une infusion, au sens strict, et non un thé.
D’où vient le rooibos ?
Le rooibos pousse pour l’essentiel dans les montagnes du Cederberg, au nord du Cap, dans la région du fynbos. Cet arbuste de la famille des légumineuses (Fabaceae) aime le climat méditerranéen, entre 450 et 900 mètres d’altitude, sur des sols sableux, acides et bien drainés. Son aire de culture est si réduite qu’on la décrit souvent comme un rayon d’une centaine de kilomètres autour de la petite ville de Clanwilliam.
Le nom vient de l’afrikaans et signifie « buisson rougeâtre ». Il désigne aussi une origine protégée : l’Union européenne a inscrit « Rooibos / Red Bush » au registre des appellations d’origine protégées en mai 2021. Selon le Conseil sud-africain du rooibos, c’est la culture et la transformation dans la zone délimitée qui donnent droit au nom. Un même arbuste planté sur un autre continent n’y aurait pas droit.
Des Khoïsan au médecin de Clanwilliam, l’histoire du rooibos
Le rooibos était récolté dans la montagne par les Khoïsan bien avant l’arrivée des Européens. Ils coupaient les rameaux sauvages, les battaient sur une pierre plate, puis les laissaient sécher. Le botaniste Carl Thunberg a rapporté cet usage en 1772, et les colons néerlandais du Cap y ont vu une alternative au thé noir, qui leur coûtait très cher.
Le commerce démarre au début du XXe siècle avec Benjamin Ginsberg, un immigré russe qui devient le premier exportateur. Dans les années 1930, le médecin de district Pieter le Fras Nortier met au point la mise en culture à Clanwilliam : il comprend qu’il faut entailler l’enveloppe des graines pour les faire germer. La version verte n’arrive que dans les années 1990, développée par la recherche agricole sud-africaine.
Le rooibos contient-il de la théine ?
Non, le rooibos ne contient pas de théine, et c’est sa grande différence avec le thé, dont il partage seulement les usages. La théine n’est que l’autre nom de la caféine, produite par le théier Camellia sinensis. Or la plante sud-africaine appartient à une tout autre famille, ce qui explique cette absence totale. Sa teneur en tanins reste faible comparée à celle d’un thé noir ou vert, d’où un goût rarement âpre.
Cette différence justifie aussi une précaution de vocabulaire. On lit parfois « thé rouge », y compris en France, mais cette appellation trompe, car le produit ne renferme aucune feuille de thé. Elle prête d’ailleurs à confusion : en Chine, le « thé rouge » désigne ce que nous appelons thé noir. Sur un paquet, le mot rooibos reste donc la seule mention juste.
Rooibos rouge ou rooibos vert, deux couleurs pour une seule plante
La couleur du rooibos dépend de sa transformation, pas de la variété. La récolte a lieu pendant l’été austral. Les rameaux sont coupés encore verts, puis hachés à la machine en brins courts. La suite sépare les deux produits.
- Le rooibos rouge
- Les brins sont meurtris, puis laissés en tas pour fermenter. Cette oxydation par les enzymes de la plante les fait passer du vert au rouge-brun et développe l’arôme doux typique. Ils sèchent ensuite au soleil sur de grandes aires, avant d’être stérilisés.
- Le rooibos vert
- L’étape d’oxydation est supprimée : les brins sont séchés juste après la coupe. Le procédé est plus exigeant et plus coûteux. Le résultat, plus clair, tire sur le malté et les notes légèrement herbacées.
Quel goût attendre d’une tasse de rooibos ?
Le goût du rooibos rouge est rond, doux et légèrement sucré. Sa teinte soutenue annonce une boisson corsée, mais la saveur reste souple, faute de tanins marqués. Beaucoup d’amateurs y trouvent des notes boisées, parfois proches de la vanille, de la noisette ou du caramel. Un zeste d’orange s’y marie bien, si vous aimez les tasses plus vives.
Ces affinités expliquent les mélanges parfumés du commerce : rooibos à la vanille, à l’orange, au citron, à la pêche, à la fraise, au gingembre ou à la cannelle, sans oublier les versions épicées de Noël. Choisir un rooibos nature en premier permet de reconnaître la plante avant de la goûter aromatisée, en sachet comme en vrac. En Afrique du Sud, il se boit souvent chaud avec du lait concentré et du sucre, un peu comme un thé noir. Le citron ou le miel fonctionnent également.
Choisir son rooibos, nature, parfumé ou bio
Un rooibos se choisit d’abord à la lecture de sa composition, car le nom seul ne dit rien de ce qui l’accompagne. Un rooibos nature ne contient qu’une seule plante. Un mélange gourmand ajoute des morceaux de fruit, de la pomme, des baies, des fleurs d’oranger, des épices ou un arôme, et la liste des ingrédients indique dans quel ordre ils pèsent. Plus le fruité est puissant, moins la plante se reconnaît.
La mention bio porte sur le mode de culture, pas sur la saveur. Le prix varie surtout avec le format, la qualité de la coupe et l’origine du mélange, et les versions vertes coûtent en général plus cher à produire. Quant au format, le sachet offre une tasse rapide, alors que le vrac laisse doser à son goût. Le rooibos étant très fin, un filtre en papier ou une maille serrée évite de retrouver des brins au fond de la tasse.
Comment préparer une infusion de rooibos ?
Une infusion de rooibos demande une eau bien chaude, bouillante même, et du temps, à l’inverse d’un thé vert fragile. Le Conseil sud-africain du rooibos recommande une à deux cuillères à café pour 25 cl, ou un sachet.
- Faites bouillir l’eau franchement : le rooibos n’a pas besoin d’une température ménagée.
- Versez-la sur le rooibos, dans une théière ou un filtre assez large pour ces brins très fins, qui passent à travers les mailles grossières.
- Laissez infuser au moins 5 minutes. La plupart des conseils vont jusqu’à 7 à 10 minutes.
- Goûtez sans sucre, puis ajustez avec du lait, du citron ou du miel si vous le souhaitez.
L’oubli de quelques minutes pardonne : le peu de tanins évite la tasse amère qu’on obtient avec un thé noir trop infusé. Comme la boisson ne contient pas de caféine, elle trouve aussi sa place parmi les tasses de fin de journée, à côté de la verveine et du tilleul.
Que sait-on vraiment du rooibos et de la santé ?
Les propriétés et les effets prêtés au rooibos dépassent largement ce qui a été démontré. Les travaux publiés portent surtout sur des cellules ou des animaux, et aucun essai clinique n’a confirmé d’intérêt pour le sommeil, la digestion ou les coliques du nourrisson. Le mieux est donc de l’apprécier comme une boisson agréable, pour son goût, et non comme un remède.
Des précautions existent malgré tout, même si elles restent rares. La littérature médicale signale de rares cas d’atteinte du foie associés à une consommation régulière, d’où la prudence conseillée en cas de maladie hépatique. Enjoy Tea parle de plantes et de tasses, pas de médecine : si vous suivez un traitement ou si votre foie est surveillé, votre médecin ou votre pharmacien saura dire si le rooibos quotidien vous convient.




